Il y a des gestes auxquels on ne pense jamais… jusqu’au jour où ils deviennent moins faciles.
Comment retrouver la capacité de s’accroupir, par exemple ? La question peut paraître étonnante. Pourtant, pour beaucoup d’entre nous, ce mouvement qui semblait autrefois évident est devenu moins familier.
Ramasser quelque chose tombé par terre, par exemple.
Quand j’étais plus jeune, je descendais simplement en pliant les jambes, je m’accroupissais, je prenais l’objet et je remontais. Quelques secondes, sans même y penser.
Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous ont pris une autre habitude.
On se penche en avant.
On plie un peu les genoux.
On cherche parfois un meuble ou une chaise pour prendre appui.
Et si l’objet est vraiment au ras du sol, on peut même se demander comment on va faire.
Ce n’est pas forcément la force qui manque.
C’est parfois simplement que le corps n’a plus l’habitude de descendre aussi bas.
Je me suis amusé à observer ce mouvement dans la vie quotidienne.
Dans une cuisine, dans un jardin, dans la rue lorsqu’il faut ramasser quelque chose… On voit très vite que nous avons souvent organisé notre environnement pour ne plus avoir besoin de nous accroupir.
Tout est à hauteur de main.
Les objets sont rangés dans les placards du haut ou dans ceux qui restent facilement accessibles. Les chaises nous permettent de nous asseoir. Les tables nous évitent de travailler au ras du sol.
C’est bien pratique.
Mais il y a un petit effet secondaire auquel on pense beaucoup moins :
certains mouvements disparaissent peu à peu de notre quotidien simplement parce que nous n’en avons plus besoin.
Et s’accroupir en fait partie.
Pourtant, il suffit parfois de regarder un enfant jouer quelques minutes pour se rappeler que cette position peut être étonnamment naturelle.
Il descend.
Il reste là.
Il se relève.
Il recommence.
Sans avoir l’impression de faire un exercice.
Et c’est peut-être cela qui m’intéresse dans l’accroupissement.
Ce n’est pas un exercice que j’aimerais vous faire ajouter à votre emploi du temps.
C’est un mouvement que nous avons peut-être intérêt à ne pas laisser complètement disparaître de notre vie.
Parce que descendre vers le sol, c’est aussi entretenir une relation avec lui.
Et cette relation commence peut-être par une question toute simple :
Et vous, jusqu’où pouvez-vous encore descendre confortablement ?
Le jour où s’accroupir devient un mouvement
Il y a quelque chose d’étonnant avec l’accroupissement : nous pouvons perdre l’habitude de le faire sans avoir réellement décidé de l’abandonner.
Peu à peu, notre quotidien nous en dispense.
Nous nous asseyons sur une chaise plutôt que sur le sol. Nous rangeons les objets à bonne hauteur. Nous évitons de travailler longtemps près du sol. Et lorsque quelque chose tombe, nous trouvons une autre manière de le récupérer.
Le mouvement disparaît alors… simplement parce que la vie moderne ne nous le demande plus beaucoup.
Pourtant, s’accroupir n’est pas seulement « plier les jambes ».
Pour descendre près du sol, le corps doit coordonner plusieurs éléments : les chevilles doivent laisser avancer le corps, les hanches doivent se plier, le tronc doit s’organiser et l’équilibre doit être ajusté en permanence.
Et surtout, le cerveau doit gérer cette descente dans l’espace.
C’est là que l’accroupissement devient intéressant pour InstantMouv.
Nous ne cherchons pas à vous apprendre un nouvel exercice. Nous cherchons à retrouver une possibilité de mouvement que la vie quotidienne a parfois laissée de côté.
Car une capacité que l’on n’utilise plus n’est pas forcément une capacité dont on n’a plus besoin.
Elle peut simplement être une capacité que notre environnement ne nous donne plus beaucoup l’occasion d’entretenir.
Et peut-être que la première étape n’est pas de faire davantage.
C’est simplement de redonner au corps quelques occasions de descendre vers le sol.

Descendre, c’est déjà apprendre
Lorsque vous vous accroupissez, votre corps ne fait pas simplement un mouvement vers le bas.
Il doit en permanence ajuster sa position par rapport au sol.
Les chevilles accompagnent la descente. Les genoux et les hanches se plient. Le bassin change de position. Le tronc s’organise pour que vous ne perdiez pas votre équilibre.
Et tout cela se fait généralement sans que vous ayez besoin d’y penser.
C’est justement ce qui rend ce mouvement intéressant.
Nous avons tendance à considérer l’équilibre comme quelque chose de fixe : soit on est stable, soit on ne l’est pas. En réalité, notre stabilité est beaucoup plus dynamique. Le corps ajuste en permanence sa position pour rester en relation avec le sol.
Lorsque nous descendons lentement, nous donnons donc à notre corps une occasion de retrouver cette conversation avec le sol.
Pas besoin de descendre très bas. Pas besoin de chercher la performance.
Il suffit parfois de redécouvrir le chemin qui mène vers le bas.
Ce que les études nous apprennent sur l’accroupissement
Un détail biomécanique est particulièrement intéressant : la mobilité de la cheville peut influencer la façon dont nous réalisons un accroupissement.
Pour descendre davantage, la cheville doit notamment permettre au tibia d’avancer au-dessus du pied. Des travaux ont montré qu’une plus grande amplitude de flexion de la cheville est associée à une plus grande flexion du genou et de la hanche lors d’un accroupissement profond.
Et ce lien devient particulièrement intéressant avec l’âge. Dans une étude comparant des adultes plus âgés et plus jeunes, les participants âgés réalisaient en moyenne des accroupissements moins profonds, avec moins de flexion de la cheville et du genou, mais davantage d’inclinaison du tronc vers l’avant.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faudrait chercher à atteindre un angle précis ou à retrouver l’accroupissement de ses vingt ans.
Cela nous apprend simplement quelque chose d’important : un mouvement que nous croyons global dépend aussi de petites possibilités articulaires que nous utilisons parfois de moins en moins.
Et c’est justement ce que j’aimerais vous transmettre à travers ma propre pratique : il ne s’agit pas de faire davantage d’exercices, mais d’apprendre à saisir les petites occasions de mouvement que la vie nous offre déjà.

Et si vous redonniez une place au sol ?
La prochaine fois que quelque chose tombe par terre, essayez simplement de vous accroupir pour le ramasser.
Sans chercher à descendre bas.
Sans chercher à bien faire.
Et surtout, sans vous comparer à qui que ce soit.
Observez simplement ce que votre corps vous permet de faire aujourd’hui.
Peut-être que vous descendrez facilement. Peut-être que vous vous arrêterez plus haut. Peut-être aurez-vous besoin de prendre un appui.
Ce n’est pas important.
Ce qui compte, c’est de ne pas laisser complètement disparaître ces petits mouvements de notre vie.
C’est justement ce que j’aimerais vous transmettre avec InstantMouv : ne pas chercher à faire toujours plus d’exercices, mais apprendre à saisir les petites occasions de mouvement que la vie nous offre déjà.
Un mouvement oublié peut parfois simplement avoir besoin qu’on lui redonne une place.
Et si vous avez envie d’aller plus loin dans cette façon de regarder votre quotidien, je vous invite à découvrir gratuitement mon guide :
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Pour aller plus loin :
Article fondateur : Cerveau et Mouvement
Source scientifique
Une étude menée auprès d’adultes plus jeunes et plus âgés montre que la manière de s’accroupir évolue avec l’âge. Les personnes plus âgées descendent généralement moins bas et adaptent leur façon de bouger pour réaliser le mouvement.
Honda K. et al., Journal of Biomechanics, 2022.
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Pierre-Marie Dutel
Fondateur d’InstantMouv
Depuis plusieurs années, je m’intéresse aux liens entre le cerveau, le mouvement et l’évolution humaine.
Avec InstantMouv, je partage une approche simple, concrète et accessible pour aider chacun à construire une vie plus riche en mouvements, quel que soit son âge.
À propos de cet article
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